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A la rencontre de MONGEZ-MOI

Depuis le début, les fleurs sont la signature visuelle de KléZia. Je les glanais par-ci par-là, auprès de producteurs pratiquant une cueillette intimiste. Aujourd’hui, les besoins étant plus importants et voulant maintenir la qualité gustative et visuelle, j’ai trouvé une productrice spécialiste de la fleur comestible ! C’est chez Marlène qu’on se rend, dans le Gers. On y va ?

Comment l’Histoire a débuté ?

La fleur comestible est vraiment un projet nouveau.

Ici, ce sont d’abord les terres de mon beau-père : 145 ha dédiés aux grandes cultures (blé, pois chiche, sorgho, tournesol..) repris par mon conjoint, Arnaud.

Avant de reprendre la ferme en 2021, nous étions tous les deux déjà du métier comme techniciens semences dans différentes régions de l’Ouest de la France (Bretagne, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne…) durant 6 – 7 ans. J’ai cheminé classiquement avec un BAC agricole et un BTS en Agronomie et Production Végétale, tout en me formant en parallèle à la botanique.

C’est donc au départ à la retraite de mon beau-père que nous sommes revenus ici dans le Gers pour continuer l’aventure de cette ferme familiale.

Arnaud a repris l’activité de son père, et moi j’ai développé mon projet de culture de fleurs comestibles en hydroponie : MONGEZ-MOI.

En 2021, les travaux de la serre de 750 m2 ont démarré et la première production de plantes comestibles a débuté 1 an après.

Pourquoi ce nom, MONGEZ-MOI ?

Haha, tout simplement car le lieu-dit de la ferme est MONGE et c’est un jeu de mot vu que je cultive des plantes comestibles qui se mangent.

Pourquoi les fleurs/feuilles en particulier ?

J’avais vraiment envie au fond de moi de travailler avec les fleurs et les feuilles comestibles par passion. Sûrement influencée par mes souvenirs avec ma grand-mère. Elle était agricultrice, et nous faisions de la cueillette

sauvage et les récoltes au jardin, qu’on cuisinait ensemble. Mais c’était aussi un choix stratégique de diversifier les activités de la ferme pour avoir plusieurs sources de revenus.

La particularité est son mode de culture en hydroponie. Tu peux nous en dire plus ?

D’un point de vue pragmatique, nous n’avons pas d’accès à l’eau ici, donc pas d’irrigation sur notre ferme. C’est tout à fait ok pour la partie grande culture que gère Arnaud, mais impossible pour les fleurs. Du coup, l’hydroponie s’est présentée à moi et j’ai trouvée cela tout à fait en phase avec mes valeurs et mes ambitions. Je suis allée visiter en 2019 et 2020 des petites exploitations, comme la mienne, qui le pratique. Car rien à voir avec l’hydroponie conventionnelle qui elle est plus critiquable écologiquement parlant.

Ici, nous arrosons avec la récupération des eaux de pluie dans une grosse cuve enterrée et en circuit fermé. Une des principales vertus de l’hydroponie réside dans sa capacité à réduire drastiquement l’utilisation de l’eau – jusqu’à 90% d’économie par rapport à l’agriculture traditionnelle.

Chaque matin, j’assure le suivi de la qualité de l’eau selon 3 facteurs : pH, température et électroconductivité. J’ajoute au besoin et suivant la saison de l’engrais liquide bio et français 🙂

Le fait de nourrir les plantes, au bon moment et à la bonne dose, permet d’optimiser leur croissance, de les garder plus robustes et moins sensibles aux maladies…

Bien entendu on évite les maladies et les ravageurs liées au sol et surtout, pas de désherbage !!

La production s’échelonne de mars à décembre grâce à ce système de serre qui permet de réguler naturellement la température. En été, même s’il fait très chaud, les plantes souffrent moins du stress hydrique étant donné qu’elles sont déjà les pieds dans l’eau. La température est également régulée avec le circuit d’eau enterré qui maintient une température en dessous de 30°C. 

 

Et le reste du temps ?

Et bien c’est le moment du vide sanitaire. De janvier à février, je vide, je nettoie, je composte ce qui doit l’être. Et je m’offre des vacances ! 

 

Allez, on visite ?

 

Alors la serre s’organise en 3 parties : 

  • Fleurs et feuilles sur un système hydroponique de rafts (plus bas)
  • Fleurs et feuilles sur un système hydroponique de gouttières (travail à hauteur)
  • Légumes d’été (tomates, poivrons, aubergines…) sur un système hydroponique de gouttières

 

Chaque partie est dépendante d’un réservoir de 4 000 L d’eau.
C’est ici que je fais mes contrôles qualité quotidien.

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J’ai également 2 autres espaces : 

Un espace de culture en pleine terre, où je cultive des plantes “mères” pour faire du bouturage, je réalise quelques essais de plantes pour voir leur intérêt gustatif, visuel… comme ici avec la santoline, une plante qui a un goût et une odeur prononcée d’olive verte. 

Et une pépinière, où je réalise mes semis à la main. Je récupère certaines semences comme la roquette, moutarde, cresson, mizuna, capucine, tagète, œillet d’inde, soucis, cosmos, etc..

Pour le reste, je m’approvisionne auprès de semenciers bio et français afin d’assurer la production de la bonne variété et éviter les croisements ou mauvaises surprises… Comme ça peut facilement être le cas pour les différentes variétés de basilic (grand vert, citron, cannelle, thaï, pourpre, marseillais, grec, citron vert, libanais..).

Par la suite, je transplante ces jeunes plantes en hydroponie, dans des pots paniers avec billes d’argile pour le système de gouttière, et directement dans un bouchon pour le système de raft en plaques flottantes.

Il existe 2 types de systèmes hydroponiques dans la serre. Ils ne produisent pas les mêmes espèces de plantes. Certaines plantes seront mieux dans les rafts et d’autres dans les gouttières pour optimiser leur croissance et la production de fleurs.

Tiens, tiens voilà Vicky qui aimerait bien nous suivre de plus près !!

Oui, surtout que le hamac que vous avez pu voir à l’intérieur de cette gigantesque serre, c’est elle qui l’utilise 🙂

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Depuis le début, tu mentionnes que tu travailles avec des produits ou semenciers bio. Tu n’es pas certifiée ?

Et non, c’est comme la spiruline, la culture hors-sol n’est pas certifiable en bio. Mais cela ne me pose pas de problème, je sais comment je travaille et je mets zéro produit sur les plantes.

D’ailleurs, en plus du sourcing, je pratique la lutte biologique pour réguler les insectes ravageurs.

J’ajoute des pièges indicateurs. Les bleus pour les trips (petits moucherons), et les jaunes pour les pucerons par exemple. Cela me permet de réagir plus rapidement avec des lâchers d’insectes auxiliaires des cultures.

Bon rien n’est infaillible avec le végétal. On a aussi des échecs. Ici un bel exemple avec les fleurs de zinnia attaquées par les larves de thrips.

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Egalement, de l’autre côté, ce sont les capucines qui ont été envahies par les pucerons. C’est la fin de leur cycle et elles n’ont pas trop apprécié les dernières chaleurs. Voilà ce que je vais faire aujourd’hui : composter, nettoyer et transplanter de nouveaux plants !

Quelles sont tes cultures préférées ?

L’oxalis, j’adore son côté acidulé et toutes ces couleurs. Et les dahlia pour le visuel, qui me rappellent encore ma grand-mère qui en avait plein son jardin ! 😉 

Il y a tellement de variétés que je vous laisse apprécier l’univers dans lequel Marlène travaille…

Avec qui travailles-tu ? 

Le circuit principal reste les professionnels : restaurateurs, pâtissiers, traiteurs, fromagers mais j’ai quelques particuliers qui me contactent en direct pour leurs événements privés (mariage, anniversaire…).

Pour les professionnels, j’assure moi-même une fois par semaine la livraison sur les secteurs Est du Gers, Toulouse et sa périphérie.

Et suite à plusieurs demandes, depuis juin 2025, je fais des envois en colis Chronofresh sur le national. Récoltes le jour de l’expédition, pour des plantes ultra fraîches !

Où te trouver ?

A ce jour, j’organise 4 visites par an de juin à septembre pour le grand public. C’est ouvert à tous et j’aime beaucoup ces moments d’échanges et de partage. Vous pouvez vous inscrire directement depuis mon site internet : https://mongez-moi.fr/visites-a-la-ferme/

Pour les professionnels de la gastronomie, il est possible de visiter la serre de production toute l’année sur rendez-vous privé.

Je commercialise à 99 % auprès de professionnels.

Sinon, je fais un peu de vente aux particuliers, essentiellement pour les légumes d’été, sur un marché de producteurs locaux à Lombez (à 5 minutes de ma ferme) de juillet à septembre.

 

J’en profite pour passer ma commande en direct live ! 

Je suis au magasin de jouets, moi ! Le choix est cornélien : plante fromage, arroche, achillée millefeuille, amarante, coriandre vietnamienne, phlox étoilée.

Cueillis en passoire pour chasser les derniers insectes (non ravageurs ceux-là, naturellement présents ou introduits). C’est naturel ou ça ne l’est pas. C’est comme les salades ^^

 

Et voilà ! Grâce à ces délicates comestibles j’ai pu réaliser un buffet pour une Garden Party en plein cœur de Toulouse.

En prime ce bel avis qui m’a particulièrement touché : « Humm, c’est original, beau et bon ! »